​​​Christophe Perreault

​Christophe Perreault est un auteur et illustrateur franco-canadien polyglotte. Il accompagne des dirigeants et des organisations sur des enjeux culturels et interculturels. À travers LiberSila, il explore les langues, les cultures et les différentes manières de percevoir le monde.
Il vit aujourd’hui en France, entre l’Isère et la Haute-Savoie.

Aux origines

Ce livre a commencé bien avant sa première page. Il y a trente ans, face à un coucher de soleil à Santorin, quelque chose s’est mis en mouvement. La lumière, la mer, le vent et une langue dont la sonorité résonnait avec le lieu. À cet instant, une évidence s’est imposée : ma vie est un voyage dont les langues ouvrent de multiples chemins. Et cette expérience devait être partagée. Comme un appel du large. Irrésistible.

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai été fasciné par les cartes du monde. Là où d’autres enfants dessinaient un avion, un cheval, une maison, je reproduisais des cartes ou en inventais pour m’évader dans ces univers. Je m’imaginais converser avec les populations locales, m’aventurer dans des territoires inconnus et vivre mille et une aventures dans un espace où plus rien ne semblait impossible…

Mon attirance pour les langues s’est développée en parallèle et c’est en voyant les représentants de tous les pays du monde s’exprimer à l’ONU dans l’une des six langues officielles (anglais, chinois, espagnol, arabe, français, russe) que je me suis promis de comprendre un jour tous les discours dans leur langue d’origine.

Le français était ma langue natale et l’anglais un prérequis. Pour choisir la langue suivante, j’ai décidé de m’en remettre au hasard en lançant, les yeux bandés, une fléchette sur un planisphère. Elle atterrit, sans grande surprise au vu de la taille du pays, sur ce qui était alors l’URSS.
Je me suis ainsi plongé dans l’étude de la langue de Pouchkine, au point d’étudier quelque temps à Moscou. La rencontre d’une professeure cubaine m’a ensuite permis, à partir du russe, d’apprendre l’espagnol.

Plus tard, des voyages dans le désert marocain, complétés par quelques cours improvisés à Montréal (où j’ai immigré et vécu dix ans) avec des étudiants qui apprenaient le Coran, m’ont ouvert à l’arabe.

C’est finalement en m’installant à Singapour, avec de nombreux déplacements en Asie et notamment en Chine, que j’ai commencé à apprendre le chinois. Chaque rencontre m’a ainsi ouvert de nouveaux chemins. Quelques années passées en Allemagne et en Italie ont ensuite ajouté l’allemand et l’italien à ce parcours.

Ma vie a toujours été synonyme de voyages et les langues, loin d’être des barrières, sont devenues des ponts vers les cultures des pays traversés. Cet émerveillement m’a conduit aux quatre coins du monde : des Inuits du Grand Nord canadien aux Dogons du Mali, des Maoris de Nouvelle-Zélande aux tribus au cœur de l’Amazonie. Dans le même temps, ma vie professionnelle m’a amené à voyager dans de nombreuses métropoles et à collaborer avec des équipes multiculturelles pendant de nombreuses années.

Avec le temps, ma soif de voyage a changé de nature. Elle s’est tournée vers l’émotion et vers ce qui, au fond, nous relie en tant qu’êtres humains.

Longtemps, ces histoires sont restées en moi comme autant de fragments de voyages et de rencontres. Mais dans un monde qui semble parfois se refermer sur lui-même, j’ai ressenti le besoin de partager cette aventure, guidée par deux fils conducteurs qui me paraissent essentiels aujourd’hui : l’humanisme et la capacité d’émerveillement.

J’espère que vous y trouverez des émotions fortes et des réflexions nouvelles. Peut-être aussi l’envie d’en apprendre davantage sur d’autres cultures, d’autres langues - et d’aller à la rencontre de ce qui nous est encore inconnu.

« Restauration d’un planisphère dessiné entre 11 et 12 ans (154 × 89 cm), où se mêlent pays, capitales, reliefs, routes des explorateurs, rose des vents, animaux et figures mythologiques — une première façon, déjà, de parcourir le monde sans quitter ma chambre. »